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La Naissance de Margot Aujourd'hui, je sentais que la naissance s'en venait. Ma fille Virginie préparait aussi ses choses pour l'hôpital, elle savait aussi. À minuit, mes contractions ont commencé doucement. J'ai pris un bain, j'ai commencé la relaxation complète de mon corps. Je visualisais mon col s'ouvrant comme une fleur lors de mes contractions. Un corps plus détendu crée des endorphines qui lui permettent de faire son travail plus efficacement et sans douleur. Puis les contractions sont devenues plus rapprochées. Je visualisais l'interrupteur que l'on descend pour anesthésier son corps. Je remontais quelques petits interrupteurs associés aux jambes et la tête pour pouvoir marcher et parler entre mes contractions. J'ai aussi créé ma bulle protectrice pour éviter toute perturbation extérieure. Au début j'avais inclus tout le monde dans ma bulle mais comme il y avait beaucoup de fébrilité dans l'air et d'excitation, je les ai tous évacués! Plus tard, j'ai réalisé que seule Nathalie, mon médecin, faisait partie de ma bulle. J'ai trouvé ça rassurant, je ne recommencerai pas autrement. Arrivée à l'hôpital, j'étais consciente des gens étaient autour de moi mais j'étais détachée de leurs faits et gestes. Je savais qu'ils étaient là et qu'ils avaient un rôle bien déterminé et important. J'avais confiance en eux. J'étais alors dilatée à 4 centimètres mais mon col était tellement souple qu'il s'étirait naturellement à 7 centimètres durant les contractions. J'étais dans la deuxième phase du travail, la phase dite "active". J'avais besoin d'ancrage depuis le départ de la maison. À chaque contraction mon conjoint, mon amie ou ma fille appuyaient doucement sur mon épaule droite ce qui m'aidait à entrer en hypnose profonde et agréable. Je restais debout sans bouger ou je m'appuyais sur le ballon. Mon conjoint Alain pressait sur mes hanches pour aider à éliminer les maux de dos en alternance avec les pressions à l'épaule. Lorsque je suis entrée dans le deuxième stade du travail, celui où l'on pousse le bébé, mes membranes ont rompu naturellement. J'ai eu un léger moment de panique mais Nathalie m'a fait le geste de descendre l'interrupteur afin de descendre plus profondément en hypnose et anesthésier mon corps. Ça fonctionnait! Pendant les poussées, il y en a eu quatre, ça se faisait tout en douceur, je suivais la descente de Margot. Je sentais ses poussées à elle. Lorsque ses épaules furent sorties, je me suis vite empressée de la prendre et de terminer sa sortie comme Nathalie m'avait proposé de le faire. Au massage de l'abdomen, l'infirmière m'averti que ce serait douloureux. Nathalie lui a demandé d'attendre une seconde, m'a refait le geste de l'interrupteur et je n'ai pas ressenti cette douleur incontrôlable dont je me souvenais à mon premier accouchement. J'avais trouvé cela pire que d'accoucher à ce moment alors que cette fois-ci je n'ai rien ressenti d'inconfortable. Margot est née tout en douceur. C'est un bébé qui est née dans le calme et qui est née calme. Elle l'est encore. - Sophie Gagnon et Alain |